Coalition Anti Vivisection

Tests d'irritabilité


Voici quelques techniques scientifiques permettant de définir le taux d'irritabilité des différentes parties de l'organisme humain, soumises à un contact avec une substance particulière et ainsi d'en déterminer  l'éventuelle nocivité.

 

Test Eyetex

Ce test destiné à mesurer l’irritation oculaire utilise une protéine végétale extraite du pois sabre. Tout comme la cornée d’un œil, ce gel protéinique clair devient vitreux lorsqu’il est en contact avec une substance irritante. Dans le test de Draize, on doit estimer le degré des dégâts causés c’est-à-dire quelle partie de l’œil du lapin est rouge et gonflée. Ce système n’est pas très précis. Avec le test Eyetex, le degré d’opacité (dégâts) peut être mesuré par une machine, un spectrophotomètre, qui est bien plus fiable.

 

Epiderme humain reconstitué

Il s’agit de plusieurs couches de peau humaine cultivées en laboratoire et que l’on peut utiliser pour les tests d’irritation cutanée. Ces échantillons sont commercialisés sous les noms de Skin Squared ou Episkin (marques déposées).
Il existe plusieurs possibilités pour évaluer les dégâts causés par une substance irritante appliquée sur ces échantillons. On peut, par exemple, examiner les cellules au microscope, on peut observer les dégâts au niveau des membranes par extraction des enzymes, une inflammation peut être déterminée par la libération d’interleukine. Quelle que soit la méthode utilisée, on peut mesurer le résultat avec précision, contrairement aux études animales dans lesquelles on estime les dégâts en observant la rougeur ou l’enflure.

 

Lignées cellulaires cornéennes

Le SIRC est une lignée cellulaire continue des cellules cornéennes du lapin. Ce sont des cellules à présent cultivées en laboratoire et plus aucun lapin n’est tué. Lorsqu’on testait 6 shampooings sur ces cellules, on obtenait des résultats sensiblement similaires au test de Draize. Le test permettait d’évaluer la quantité nécessaire d’une substance pour tuer la moitié des cellules. Bien évidemment, moins la quantité de substance requise est grande, plus elle est dangereuse.
Cependant, afin d’éviter les différences liées aux espèces, il serait préférable d’utiliser des cellules humaines. Le problème étant que les cellules cornéennes humaines ne vivent pas très longtemps. Les chercheurs ont trouvé non seulement un moyen d’augmenter le nombre de ces cellules mais aussi d’allonger leur espérance de vie afin de pouvoir les étudier plus en détail. Les chercheurs ont utilisé les cellules d’une banque oculaire pour cultiver les cellules. On peut utiliser ces cellules non seulement pour étudier les irritations oculaires mais aussi pour soigner les blessures, les infections, et les dégâts dus aux radiations.

 

Test de fixation du rouge neutre

Les cellules normales en culture absorbent et retiennent facilement cette teinture rouge neutre. Lorsque la membrane cellulaire ou les lysosomes à l’intérieur de la cellule sont endommagés par une substance chimique irritante, la teinture s’échappera par les membranes perméables. Il restera moins de teinture dans la cellule. Un spectrophotomètre permet de mesurer précisément la quantité de teinture échappée.

 

Test de diffusion de l'agarose

Le problème de la culture de cellules comme celles utilisées dans le test de fixation du neutre rouge est que les cellules se trouvent dans un fluide et que l’on ne peut donc tester uniquement des substances solubles. Dans le test de diffusion de l’agarose, une petite quantité d’agarose (un extrait d’algue) est ajoutée afin de former une couche de gel. On place une partie de la substance test sur un petit morceau de papier filtre que l’on dispose ensuite sur l’agarose. La substance se diffuse à travers l’agarose dans la culture de cellule.
On évalue ensuite la propriété d’irritation de la substance en mesurant la zone (en millimètres) de cellules mortes sous le papier filtre, c’est-à-dire les cellules ayant perdu leur teinture neutre rouge.

 

Micro-physiomètre

Un produit irritant induira des changements dans le fonctionnement des cellules. Le microphysiomètre est un instrument qui détecte des changements infimes dans le métabolisme cellulaire en mesurant les changements de pH du fluide nutritif de la culture de cellule (changements dans le lactate ou la production de CO2).

 

Modélisation informatique

On peut utiliser les systèmes informatiques professionnels pour prévoir la propriété irritante de nouvelles substances sur la base de ce qui est déjà connu au sujet de substances irritantes ayant une structure chimique semblable. On connaît cette approche sous le nom de QSAR (Quantitative Structure Activity Relationship ou Relation Quantitative Structures/Activité).
La structure moléculaire de substances connues est entrée dans une base de données informatique. Les structures chimiques particulières sont liées à des types particuliers d’activité chimique, dans ce cas l’irritation. Lorsqu’on enregistre une nouvelle substance, le système professionnel essaie de faire coïncider sa structure avec les autres présentes dans la base de données. Si une similarité proche est trouvée, le système prévoit un degré d’irritation semblable pour la nouvelle substance.

 

Études humaines

Certaines entreprises cosmétiques utilisent déjà des volontaires humains pour tester les nouvelles formulations. C’est le test le plus fiable. On peut évaluer l’irritation chez les humains grâce à un patch. On place les substances sur des petites zones en haut du dos et on applique le patch pendant 2 jours.