Objecteurs de conscience

La discrimination envers les objecteurs de conscience, en matière d'utilisation d'animaux pour l'apprentissage, peut commencer dès le collège. Une personne qui refuse de disséquer des animaux peut obtenir une mauvaise note en SVT ou devenir la risée de ses camarades. La même chose peut se produire lors d'études supérieures, même vétérinaires.

À l'université

Voici des extraits de la Notice d'Antidote n°22 (mars 2010). Le vétérinaire Andrew Knight y est interviewé par Antidote Europe.

En 1999, Andrew  a présenté un dossier au comité d'éthique de son université, énumérant des alternatives éthiques à leurs laboratoires de démonstration invasive de physiologie animale. Ces laboratoires ont par la suite été fermés.

Andrew Knight,1 un vétérinaire  australien se battant contre l'expérimentation animale, a rencontré quelques difficultés lors de ses études.

En 1998, son université (Murdoch University) a instauré la mesure pionnière de permettre l'objection de conscience aux étudiants par rapport à l'expérimentation animale ou à d'autres domaines de leur cursus. Malgré cela, l'atmosphère dans l'université était déplaisante pour les étudiants qui osaient contester l'utilité de sacrifier des animaux sains pour les besoins des cursus.

Andrew a parfois été confronté à des pénalités importantes, dont la possibilité d'échouer au cours vétérinaire car il ne voulait pas tuer d'animaux sains ni utiliser leur corps. Il a éprouvé de l'hostilité de la part d'étudiants et d'employés administratifs. De rares étudiants le soutenaient en privé mais peu osaient le faire ouvertement.

Heureusement, un camarade et lui ont établi un nouveau programme en 2000: au lieu de pratiquer des procédures chirurgicales sur des animaux sains avant de les euthanasier ils ont demandé à assister à des procédures thérapeutiques sur de vrais patients animaux, comme c'est le cas pour l'entrainement des médecins.
Ils ont acquis cinq fois plus d'expérience chirurgicale que leurs camarades qui tuaient des animaux sains pour leur qualification! D'autres étudiants et universités ont fini par imiter ce programme.

La recherche

Qui n'a jamais entendu parler d'un chercheur ou d'un médecin qui aurait trouvé une solution au cancer ou au SIDA ? Pourquoi ne leur donne-t-on pas la chance de démontrer les résultats de leurs recherches ? Le budget que nécessiterait la validation de leurs recherches serait ridicule comparée aux sommes astronomiques investies dans l'expérimentation animale.

Une scientifique anonyme (qui refuse de témoigner par peur de représailles) avait fait une grande avancée dans ses recherches sur le VIH. Elle a été avertie qu'il ne fallait pas aller trop vite car il fallait rentabiliser la tri-thérapie.

Quand on considère le prix de certains traitements, il y a de quoi se poser des questions; une tri-thérapie contre le SIDA coûte environ 15 000 euros par an et par malade.2

Il faut être courageux

Le chercheur qui se dresse contre l'expérimentation animale peut être perçu comme un traître. Il remet en cause le travail de ses collègues vivisecteurs, nuit au lucratif commerce des animaux et empêche les industries chimiques de  continuer à tricher. Il peut se voir attribuer un bureau plus petit et perdre ses crédits. Heureusement, la communauté scientifique contre l'expérimentation animale est en train de tisser un réseau, se consolide et permet à des chercheurs honnêtes de poursuivre leurs travaux.

Il y a des choix à faire tout au long de sa vie. Un chercheur peut effectivement mettre de côté sa bonne conscience et continuer dans la voie de l'expérimentation animale, mais sera-t-il satisfait en fin de carrière ?

Si vous faites partie de ceux qui constatent l'inefficacité de l'expérimentation animale et qui souhaitent témoigner, même de façon anonyme, n'hésitez pas à contacter des comités scientifiques comme Antidote Europe ou Pro Anima.

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This Work, Objecteurs de conscience, by Coalition Anti Vivisection France is licensed under a Creative Commons Attribution-ShareAlike license.