Le Vioxx

Plus de 100 000 personnes sont décédées suite à la prise de cet analgésique1.

Mis sur le marché en 1999 par le groupe pharmaceutique américain Merck, cet anti-inflammatoire non-stéroidien a été utilisé essentiellement pour le soulagement des symptômes dans le traitement de l’arthrose. Ce médicament était promis à un grand avenir en tant que blockbuster mais a été retiré du marché en Septembre 2004, suite à de graves effets secondaires subis par les patients.

Testé sur au moins huit espèces animales différentes, le Vioxx® s'était révélé sûr et même bénéfique pour la protection contre les maladies cardio-vasculaires. Malheureusement, c'est le contraire qui s'est produit chez l'humain provoquant crises cardiaques, accidents vasculaires cérébraux et insuffisances cardiaques.

Selon la Food and Drug Administration (l'agence américaine des médicaments), il y aurait eu, aux États-Unis, entre 88 000 et 139 000 victimes dont 30 à 40% probablement fatales. Ces estimations ne prennent pas en compte les victimes des autres pays ni même les cas n'ayant pas été diagnostiqués. Certains estiment que, mondialement, près de 320 000 personnes auraient souffert de troubles cardio-vasculaires dus au médicament et 140 000 en seraient décédés.

Les risques avaient rapidement été mis en évidence mais le médicament est resté presque 5 ans sur le marché

  • «Dans son numéro de décembre 2004, la revue Prescrire présentait le travail d'une équipe qui, après analyse des résultats des essais cliniques publiés, avait montré qu'il apparaissait clairement dès la fin 2000 que le risque d'infarctus du myocarde était plus important sous rofécoxib que sous placebo ou sous autres inflammatoires non-stéroïdiens. Cette possibilité avait été pointée dès juillet 2000 par la revue Prescrire, suite à son analyse rigoureuse et indépendante des résultats des essais cliniques disponibles.»2
  • Une étude américaine publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) du 22 août 2001, suggérait une augmentation du risque d’évènements cardio-vasculaires chez des patients traités par Vioxx® ou Celebrex®.3
  • «Une comparaison des données internes du laboratoire américain en 2001 avec les résultats de deux essais cliniques, rendus publics en 2004 et 2005, révèle «que la présentation de Merck quant au risque de décès lié au Vioxx® chez des malades souffrant d'Alzheimer pourrait avoir été minimisée à dessein», selon les docteurs Bruce Psaty et Richard Kronmal, de l'Université de Washington, à Seattle, co-auteurs de l’article publié dans le Journal of the American Medical Association (JAMA).»4