Les singes du Népal

VICTOIRE - Le gouvernement népalais a définitivement mis un terme à l'élevage de singes pour la vivisection et tous les singes vont être réhabilités et libérés!

Le Népal avait commencé par interdire l'exportation de singes suite à la pression internationale, une campagne acharnée avec plus de 50 manifestations dans 13 pays et les innombrables courriels envoyés aux décideurs et à tous ceux qui pouvaient les influencer. Enfin, grâce au travail inlassable des militants locaux de Stop The Monkey Business - et malgré les contestations américaines qui frôlaient le chantage diplomatique - le gouvernement népalais a accepté l'inévitable et a décidé de fermer les élevages et de faire libérer des singes.

File 349Le ministre des Forêts, Deepak Bohrais, a été cité disant « Nous avons décidé de ne pas autoriser l'exportation des singes, nous allons [donc] demander [aux éleveurs] de libérer les singes dans une semaine. » Un sous-secrétaire du ministère a également été cité disant « Le Ministère en est venu à la conclusion que les singes devraient être relâchés dans leur environnement naturel ».    
Un courrier ordonnant leur libération immédiate a été envoyé à Pravesh Man Shrestha, le chirurgien/vétérinaire qui élevait les singes depuis cinq ans pour le compte des américains. Il avait reçu une formation aux États-Unis, à la Southwest Foundation for Biomedical Research (SFBR) et était présent lors des expéditions américaines de piégeage en 2004 (pendant lesquelles une partie des singes aurait été capturée dans des temples sacrés).   

Aucun singe n'aura été exporté mais il y a tout de même eu un moment de panique après que l'alerte ait été donnée concernant un premier lot de 25 singes qui allait être expédié vers la SFBR aux États-Unis! Cette tentative a révélé le désespoir des Américains et démontré l'importance d'une campagne internationale. Pour la SFBR, 25 singes auraient pu suffire à renouveler leurs stocks d'élevage pendant 20 ans ou plus.

Depuis 2003: "Stop Monkey Business" dénonce le trafic de primates au Népal.
Début 2008: Découverte de l'élevage de macaques à Lalitpur.
Juin 2008: "Gateway To Hell" lance une alerte sur l'exportation de 25 primates prévue pour septembre.
21 août 2008: Confirmation écrite du gouvernement népalais que l'exportation de primates n'est pas autorisée.
Novembre 2008: Un article dans le Himalayan times nous apprend que l'exportation des 25 singes doit avoir lieu finalement. Les US ont obtenu une dérogation.
Janvier 2009: Des militants ont lancé, à la Cour Suprême du Népal, une action en justice "d'intérêt public" pour interdire l'élevage de singes.
Septembre 2009: Victoire définitive. Le gouvernement népalais a décidé de fermer les élevages et de libérer les singes.

Grâce à une rapide mobilisation internationale et aux négociations diplomatiques locales, les singes ont été sauvés et une pétition a été adressée à la Cour Suprême du Népal visant à interdire toute exportation jusqu'à l'élaboration d'une loi sur l'élevage de singes. Après avoir consulté ses chefs de département, le ministre Deepak Bohara a décidé d'interdire l'exportation de singes. Cette décision a probablement été motivée par la Cour Suprême qui était sur le point de voter contre l'exportation de singes, puisque cette dernière ne serait pas « d'intérêt public » pour le peuple népalais. Ne souhaitant pas risquer d'aller à l'encontre d'une future loi, le ministre judicieusement opté pour une décision qui deviendrait populaire. 

Le facteur décisif pour la Cour Suprême était l'image qu'offre le Népal aux voyageurs potentiels, et une fois de plus, c'est la solidarité internationale qui a vraiment joué en faveur des singes! Une masse de courriers électroniques a été envoyée depuis les quatre coins du monde et de nombreuses manifestations ont humilié le Népal devant des milliers de passants (surtout dans les salons sur le tourisme). Cette vaste campagne d'information adressée à l'industrie du tourisme du Népal et le contact avec différents ambassadeurs du Népal de par le monde, ont également eu un impact important sur la décision, et cette pression combinée avec la persistance et la ténacité des militants locaux au Népal ont été plus décisifs que les menaces et le chantage exercés par les américains. 

File 249Cependant, jusqu'à présent, le gouvernement népalais avait été réticent à aborder les élevages directement. Suite à l'interdiction d'exporter, près de 400 singes sont restés prisonniers des élevages qui sont considérés comme «propriété privée».   
Maintenant, 6 mois après la loi sur l'interdiction d'exporter des singes, leur élevage a également été interdit et tous les singes doivent être réhabilités et relâchés dans la nature!

L'équipe G2H (Gateway To Hell) tient à rendre hommage au dernier ministre de la Forêt, M. le ministre Bohara, qui a montré la compassion et la bienveillance qu'incarne l'esprit du peuple népalais dans la défense des singes sacrés du Népal contre la cupidité et l'arrogance de l'industrie bio-médicale américaine.   
Il a fallu faire preuve de beaucoup de courage pour fermer les élevages alors qu'il y avait une immense pression « diplomatique » américaine et nous demandons maintenant au gouvernement népalais de rejeter toute demande d'indemnisation aux avides américains, qui voudront sans aucun doute récupérer une partie des 8M dollars US qu'ils ont perdu dans leurs tentatives de corruption. Nous tenons à rappeler que des « chercheurs » américains sans vergogne ont bafoué des lois népalaises et internationales lors de leur expédition de braconnage en 2003 et qu'ils ne méritent pas d'indemnisation pour avoir soudoyé le corrompu, et maintenant destitué, Roi Guyandendra.

Il ne faut jamais oublier que notre combat pour les singes du Népal va bien au delà de la remise en liberté des 400 singes et de la possibilité de faire naître leur progéniture dans leur environnement naturel.    
Cette campagne a permis de porter un coup à l'industrie mondiale de recherche sur primates et dans un domaine très sensible. Les américains admettent que leurs « stocks » de reproduction de macaques rhésus de « type indien » sont devenus « critiquement consanguins » et qu'ils manquent cruellement d'ADN frais pour rafraichir leurs « stocks ». Le Népal était l'un des rares endroits restants où les américains pouvaient récupérer ces précieux animaux et s'ils n'avaient pas rencontré une forte résistance, ils auraient probablement fait du Népal un nouvel « Ile Maurice ». Si les actuelles interdictions d'exportation demeurent en Inde, au Bangladesh et maintenant au Népal, il suffira de quelques années pour faire disparaître des laboratoires de recherche toute la sous-espèce du précieux singe rhésus de « type indien ».

De nombreux « chercheurs » admettent que les réFile 352sultats de recherches obtenus avec le singe rhésus de « type indien » ne peuvent être reproduits avec le « type chinois », ainsi nous pouvons espérer voir beaucoup de « recherches » invalidées parce qu'elle ne peuvent plus être reproduites sans macaques rhésus de « type indien »!

Il y a trop de gens qui méritent d'être mentionnés pour leur participation à ce fantastique accomplissement, de ceux qui ont organisé les manifestations à ceux qui ont envoyé un simple email ou signé une pétition, mais certains doivent absolument être cités... si grandes étaient leurs contributions à la campagne: Manoj Gautman, palme d'or du militant et véritable sauveur des singes du Népal, a fait campagne depuis le début et il est le meneur de la campagne Stop Monkey Business au Népal; Lucia de Vries, journaliste freelance et militante de Stop Monkey Business, était responsable de l'internationalisation de la campagne et l'instigatrice de l'implication de G2H; Shirley McGreal, fondatrice de la IPPL, n'a cessé de faire des recherches, de soutenir et de donner des conseils techniques sur les primates à la campagne STMB; Michael Budkie, de Stop Animal Exploitation Now, a fourni les importantes informations de la SFBR concernant les fermes (leur financement, la population et les taux de mortalité des singes qui nous ont fourni de nombreuses preuves); le Dr Jane Goodall, conservatrice, qui a eu des discussions très constructives avec le gouvernement népalais et qui a fourni des fonds pour l'équipe de conservateurs de Manoj « Roots and Shoots ». Il y a de nombreuses autres personnes dont les noms ne seront pas mentionnés mais nous n'oublierons jamais leur dévouement et leur travail acharné.

Nous espérons sincèrement que ceux d'entre vous qui ont lu jusqu'ici se sentent désormais inspirés pour se lancer dans d'autres campagnes. Le mouvement anti-vivisection fait des avancées considérables et il y a tant de grandes campagnes dignes de votre soutien. Nous croyons fermement que l'abolition des expériences sur les primates en Europe est un objectif réaliste et réalisable qui pourrait faire basculer la recherche sur les primates dans le monde. Nous demandons instamment à tous nos collaborateurs européens de poursuivre cet objectif.  
Les militants qui ont travaillé sur la campagne du Népal passent à d'autres projets et la campagne Gateway To Hell (G2H) se démantèle, mais la lutte contre l'industrie mondiale des primates continue. Beaucoup de grandes victoires sont encore à venir et beaucoup de faiblesses doivent être exploitées, mais le commerce mondial des primates est à nos portes et c'est là où il doit également être combattu. Nous continuerons de surveiller de près la situation au Népal et Air Mauritius, et s'il le faut G2H se remettra à l'action. G2H s'en est toujours prise à la chaîne d'approvisionnement des primates puisque c'est est un point faible, et d'après nous, les points les plus faibles sont actuellement dans nos propres pays, nous espérons donc voir se former de plus en plus de pressions locales.

De grands changements peuvent être effectués par de petites actions alors soutenez s'il vous plait les campagnes locales de toutes les manières que vous pouvez; mais la plus grande leçon que nous pouvons tirer de cette campagne est l'importance de la solidarité internationale, une action internationale créé un changement mondial, pensez mondial et agissez localement!   

Toute l'ampleur de l'action n'est pas encore connue, mais au nom des 400 singes qui sont sur le point découvrir la vie dans leur milieu naturel, et au nom de leurs enfants qui ne connaitront jamais la captivité, nous vous témoignons notre profonde gratitude et remerciements.    
L'adresse e-mail de G2H est désormais inactive. Pour ceux d'entre vous qui souhaitent nous remercier, nous vous demandons de plutôt vous adresser à l'Éclairé et Honorable Ministre Deepak Bohara qui est le vrai sauveur des singes du Népal.   

Adresse:   

Éclairé et Honorable Ministre Deepak Bohara   
Ministry of Forests and Soil Conservation,   
Singhadurbar,
Katmandou
Népal

Téléphone: 977-1-4220067   
Fax: 977-1-4223868   

Courrier électronique: info@mofsc.gov.np   


Enfin, nous vous laissons sur les mots inspirés de Margaret Mead, (anthropologue et activiste de la paix): --

« N'oubliez jamais qu'un petit groupe de gens déterminés et réfléchis peut changer le monde. En effet, c'est la seule chose qui n'ait jamais marché. »

Creative Commons Attribution-ShareAlike 3.0 Unported
This Work, Les singes du Népal (except pictures), by Coalition Anti Vivisection France is licensed under a Creative Commons Attribution-ShareAlike license.