Présentation

L'industrie pharmaceutique, aussi connue sous le nom de « Big Pharma », est un des secteurs les plus rentables des pays industrialisés, concurrençant les profits de la pétrochimie, du monde de la finance et de l'agroalimentaire.

Cette industrie, composée de sociétés et d'actionnaires, n'a qu'un seul but: générer de l'argent.

Les ventes du marché mondial de l'industrie pharmaceutique ont généré plus de 602 milliards de dollars en 2005, dont 47% rien qu'en Amérique du Nord.1

Marketing

La France est la plus grande consommatrice de médicaments d'Europe2 car un français consommerait en moyenne 50 boîtes de médicaments par an.

L'industrie pharmaceutique française compte 1 agent commercial pour 10 médecins et peut dépenser jusqu'à 20.000 euros en « cadeaux » par an, par médecin.3 Ces commerciaux démarchent les médecins pour qu'ils prescrivent un médicament particulier ou une marque et cherchent des hôpitaux ou cliniques pour tester leurs molécules via des essais cliniques. Les coûts de marketing peuvent parfois dépasser ceux du développement du médicament.

Aux États-Unis et en Nouvelle-Zélande, des spots publicitaires pour des médicaments de prescription sont grandement diffusées à la télévision et à la radio4.

En Europe, la méfiance vis à vis du manque d'objectivité que pourrait avoir une publicité et la pression que pourraient exercer les patients sur les médecins, font que seules les publicités pour les médicaments en « vente libre » (sans prescription) sont autorisées. La Commission européenne a néanmoins adopté, le 10 décembre 2008, un projet législatif autorisant bientôt les groupes pharmaceutiques à communiquer sur leurs produits directement auprès des patients, mais « seuls certains canaux de communication sont autorisés pour la diffusion de l’information, y compris Internet et les publications relatives à la santé telles que définies par les États membres où a lieu la publication. La télévision et la radio en sont exclues  ».5Le but serait, entre autres, de permettre aux laboratoires de rendre accessible au public des informations sur leurs médicaments de prescription, de faire face à l'apparition de médicaments de contrefaçon et renforcer la « pharmacovigilence ». Espérons que ce n'est pas une manoeuvre visant à nous habituer progressivement à la publicité.

Les médicaments génériques

Les firmes pharmaceutiques doivent aussi investir dans le développement de nouvelles molécules, car non seulement inventent-elles de moins en moins de médicaments phare - les fameux « blockbusters » qui sont censées rapporter plus d'un milliard d'euros par an – mais les nouvelles molécules qu'elles élaborent prouvent difficilement leur efficacité par rapport aux anciennes. Certaines molécules prometteuses peuvent aussi être abandonnées en phase clinique car elles ne seraient finalement pas assez rentables ou parce qu'on on leur découvre des effets secondaires trop dangereux. Il arrive qu'un médicament déjà sur le marché soit légèrement modifié (ajout d'une molécule, goût, ingrédients...) puis vendu sous un nouveau nom. Parfois, le nom ne change pas, juste le mode d'administration; un médicament sous forme de cachets va, par exemple, devenir une solution buvable.

Une source d'inquiétudes pour les laboratoires est que leurs molécules, qui sont protégées par des brevets pendant une vingtaine d'années, tombent progressivement dans le domaine public. Les médicaments génériques inondent le marché et coûtent moins cher que les originaux. Ces derniers peuvent perdre environ 80% de leurs ventes dès la mise sur le marché de leur générique.6 Certains laboratoires créent leurs propres génériques.

La consolidation de l'industrie pharmaceutique est en progression car c'est un moyen de réduire la concurrence. Les fusions permettent aussi de faire des économies en fermant des sites qui effectuaient les mêmes recherches ou de mettre en commun technologies et connaissances.

Moins les laboratoires seront nombreux, plus ils auront de pouvoir sur le gouvernement. Il est dans l'intérêt de ce dernier que l'industrie reste dans une région, voire dans le pays. (voir le schéma Pharma History)