Un organisme vivant est le théâtre d'un équilibre très complexe de nombreuses substances chimiques. Y ajouter une substance étrangère peut bouleverser cet équilibre et créer des dérèglements ou des dommages.
Plus de 100 000 nouvelles substances ont été mises sur le marché en Europe depuis 1950 et on ne sait pratiquement rien de leur toxicité: plus de 80% d'entre elles n'ont jamais été testées pour évaluer leurs effets sur la santé! Dégagées par les colles, les peintures, les emballages, les meubles, les matériaux de construction, les produits d'entretien, elles s'insinuent dans les aliments, l'air, l'eau des rivières ou des nappes phréatiques et s'accumulent dans les organismes.2
En Europe, les tumeurs de la prostate et les maladies de Parkinson ont triplé depuis vingt ans, les cancers du sein ont doublé, tout comme les cas d'Alzheimer. Les leucémies infantiles augmentent chaque année de 2% et la fertilité des couples ne cesse de baisser, alors que le taux moyen de spermatozoïdes chez les hommes a diminué de 50% en moyenne en l'espace de deux générations.
Au 18 septembre 1981, on a inventorié 100 106 substances chimiques sur le marché européen. Ce n'est que depuis cette date que toute nouvelle substance chimique doit subir des tests de santé et de sécurité avant d'être autorisée.
Aujourd'hui, s'ajoute le programme européen REACH, un règlement sur l'enregistrement, l'évaluation, l'autorisation et les restrictions des substances chimiques. Lorsqu'il est entré en vigueur le 1er juin 2007, son but était de passer au crible 30 000 substances présentes dans les produits de consommation courante. Ce sont maintenant 140 000 substances qui devraient être analysées.
Le programme REACH est indispensable et doit rapidement nous informer sur la toxicité des substances chimiques que nous côtoyons déjà depuis des années. Malheureusement, les évaluations s'étaleront sur 10 ans et seront principalement conduites sur des animaux. D'après les dernières estimations, 54 millions d'animaux seraient nécessaires au lieu des 2,5 millions qui étaient annoncés au départ.5
Les associations de protection animale et les scientifiques, qui luttent pour la mise en place des méthodes substitutives, sont choqués.
Non seulement ces tests vont-ils engendrer la souffrance de millions d'animaux mais ils n'apporteront aucune information pertinente concernant la toxicité des substances chimiques pour l'homme.
